Rapport du Conseil Interministériel du Handicap

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Après le rapport du conseil interministériel du handicap (CIH), il faudrait enfin une véritable politique de l’emploi protégé

Les associations et les responsables de « terrain » attendaient avec intérêt ce qui était présenté comme la feuille de route pour les pouvoirs publics en matière de politique du handicap. Quelques intentions sont positives : rechercher une transversabilité des mesures, harmoniser les modalités d’application de l’obligation d’emploi entre secteur public et secteur privé…

En ce qui concerne l’emploi protégé, la déception ne peut qu’être de mise, à la fois sur les propositions maintes fois annoncées et l’absence de moyens d’accompagnement.

Plusieurs mesures se répètent ainsi à l’infini : augmenter l’offre de formation pour les travailleurs handicapés ; favoriser le passage du milieu protégé vers le milieu ordinaire, développer les temps partiels…

D’autres orientations, présentées par le CIH, sont déjà mises en œuvre avec succès par les ESAT eux-mêmes et à leur initiative : développement des compétences tant pour les travailleurs handicapés que pour les moniteurs, mises à disposition dans le milieu ordinaire…

A part la création d’une banque de données nationales référençant l’ensemble des ESAT et des entreprises adaptées, ce qui n’est pas une révolution, nous ne constatons rien de concret et encore moins d’innovant ou de prospectif.

Pourtant, de véritables questions empêchent ou limitent les droits des travailleurs handicapés

Ž La très grande lenteur des orientations, des réorientations et des doubles orientations par les MDPH et les CDAPH, qui sont justifiées par le vieillissement, les problèmes de santé…

Ž La méconnaissance fréquente par ces instances, des services et formules annexes et souvent complémentaires (temps partiels, temps partagés, SACAT, foyers de jour, FAM de jour…) ce qui gêne considérablement la construction de parcours adaptés.

Ž Le blocage réel et persistant (malgré les positions du conseil national consultatif des personnes handicapées) de l’attribution des aides à l’emploi liées à la lourdeur du handicap qui sont pourtant les seuls supports efficaces du passage du milieu protégé au milieu ordinaire.

Ž le niveau insuffisant du financement des ESAT (qui a été largement démontré) alors que les gaspillages divers s’étalent sous nos yeux.

Ce n’est manifestement pas les dispositions contenues dans le projet de loi de finances 2014 qui rectifieront le tir.

Ž le montant trop faible des ressources des travailleurs handicapés qui limite leur intégration sociale (grâce à un logement autofinancé par exemple).

Faut-il une énième mission sur le sujet ? Par ailleurs dans le même ordre d’esprit, à nouveau sur l’attribution et le bénéfice automatiques de la carte d’invalidité pour tout travailleur handicapé orienté en ESAT, quel que soit sont taux d’incapacité.

Ž Des appels à projets uniformes et traditionnels alors que la complexité des caractéristiques des populations accueillies et la pluralité de leurs attentes nécessitent des réponses très diversifiées.

Ž L’Etat doit-il enfin s’exonérer de ses responsabilités à propos des ESAT en les confiant, avec la future loi de décentralisation à des acteurs qui ont d’autres compétences que celles-ci ? Ce serait une profonde erreur technique et politique.

Alors que les ESAT représentent un des meilleurs dispositifs de travail protégé de l’Union européenne, ne doit-on pas aujourd’hui se consacrer à un traitement sérieux des problèmes ?   

 




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